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L’accompagnement et la prise en charge d’un proche au quotidien mobilisent beaucoup physiquement et mentalement les aidants familiaux. Diverses études montrent que le stress et le travail généré par l’aide ont un impact sur l’organisme et la santé psychologique de ceux qui se dévouent pour les autres. On parle de véritable charge mentale qui pèse sur l’aidant. 

Dès lors, il ne faut pas oublier le risque de dépression auquel est confrontée la communauté des aidants, qui compte près de 11 millions de personnes en France. Dans cet article, Finense vous propose des clés utiles et des pistes de sensibilisation pour prévenir ce problème.

1. La charge mentale de l’aidant

Aider un proche est  une tâche épuisante. Le fait que les pouvoirs publics se penchent enfin sur la question d’un meilleur statut de l’aidant et cherchent à le soutenir dans sa vie professionnelle, illustre la prise de conscience de cette réalité.  

S’occuper d’une personne atteinte de sénilité liée à son grand âge est complexe et peut vite devenir très contraignant. Des chercheurs ont démontré qu’un aidant prodiguant un accompagnement dans la vie de tous les jours à un proche dans cette situation, avait deux fois plus de chances de souffrir de dépression, que celui qui s’occupe d’une personne ayant encore tous ses moyens. 

Une enquête réalisée début 2017 par la Carac, a constaté que 44% des intervenants auprès de personnes séniles avaient tendance à consacrer beaucoup plus de temps à la personne dépendante, qu’à leurs proches ou à leur emploi. 75% d’entre eux sont davantage sujets à un stress plus élevé et des soucis de santé physique et morale, que les aidants de personnes non séniles.

D’une manière générale, tous les aidants se dévouent pour l’être cher et ne comptent pas leurs heures. On peut parler d’un sacerdoce! Souvent dans cette prise en charge, l’amour filial pousse à ne pas entendre les conseils ou minorer l’importance de ses propres problèmes. Par ailleurs, la sphère familiale est souvent porteuse de conflits qui fatiguent et amplifient les ressentiments au sein d’une fratrie. Ce type de contexte affecte encore plus celui ou celle qui se dévoue pour autrui. 

Un sentiment de perte de sens quand l’énergie et le temps consacrés à de la gestion administrative empiète sur la relation humaine de qualité. Qui ne préfèrerait pas prendre du temps avec son parent, plutôt que de s’occuper de ses relevés de comptes, planifier des budgets ou chercher des informations administratives éparpillées dans une pile de paperasse ?  La responsabilité que l’on endosse en accompagnant quelqu’un a un impact, et peut rendre malade.

Les conséquences physiques sont réelles : moins de sommeil, plus de stress. 30% des aidants déclarent souffrir de douleurs physiques et 32% de sommeil perturbé par l’anxiété. Cela entraîne une fatigue notable. Cependant, la charge pèse en particulier sur le mental, rendant le risque de dépression plus probable, et il faut s’y sensibiliser.

2. Comment repérer la dépression chez l’aidant

Nous savons tous que la dépression est une maladie pernicieuse et mal appréhendée.Beaucoup de gens présentant des symptômes de dépression déclarent ne pas se sentir déprimés. Il est même courant que ces symptômes soient niés par ceux qui en souffrent. Il devient alors compliqué d’en parler ouvertement avec la personne, qui peut se sentir jugée.

Néanmoins, la dépression est plus courante qu’on ne le pense chez les aidants, du fait de l’exigence de sa « mission » auprès de son proche âgé, en perte d’autonomie. Il s’agit d’un trouble de santé particulièrement complexe, qui requiert le diagnostic d’un professionnel. L’éventail des facteurs reconnus est large : la génétique, les hormones, des déclencheurs environnementaux, certains médicaments, le fait de vivre avec une personne elle-même en dépression, avoir subi des violences morales ou physiques, le fait de connaître un chagrin intense ou un deuil, etc. Les ressentis sont personnels, mais dans son effort pour prodiguer le meilleur soutien possible à un proche, une personne aidante va sacrifier ses propres besoins physiques et émotionnels. Même ceux ayant un quotidien de vie stable, peuvent être éreintés par la tâche qui leur incombe. L’impression d’être dépassé, l’anxiété, l’isolement, le pessimisme, l’épuisement, l’agitation ou encore l’angoisse sont autant de sentiments qui peuvent avoir de lourdes conséquences et rendre malade. Sans compter sur les nombreuses exigences et sollicitations de la personne aidée. Se sont des alertes à ne pas négliger.

La détection d’un début de dépression lorsque s’installe ces symptômes de détérioration ne sont ni à ignorer ni à nier. Une vigilance précoce de la maladie se fait notamment grâce à la préservation d’une vie saine, du soutien familial et des amis et à la consultation d’un professionnel de santé.

Les symptômes de la dépression sont d’une grande diversité et varient d’un individu à l’autre et dans le temps. Certains ressentiront les sentiments classiques de désespoir et de tristesse intense. D’autres présenteront des signes que l’on associe moins immédiatement à la dépression comme la fatigue permanente et l’irritabilité. Il y a ainsi de nombreux signaux à repérer chez un aidant qui pourrait révéler un risque d’évolution vers la dépression :

  • Des changements d’habitudes alimentaires (en excès dans les deux sens, perte d’appétit ou prise de poids importante) ou de consommation d’alcool par exemple.
  • Une fatigue générale et permanente, une grande apathie et la difficulté à se motiver pour quoi que ce soit. 
  • Des problèmes de sommeil.
  • Des sentiments d’inutilité, de perte d’intérêt, de vide, de désespoir, d’auto dénigrement.
  • De la tristesse, des pleurs incontrôlés, des pensées suicidaires.
  • Des problèmes physiques récurrents et qui ne se résorbent pas comme le mal de dos, des maux de tête ou des troubles digestifs.

Dans le cas des aidants familiaux, la proximité, voire la promiscuité de fait avec une personne en état de vulnérabilité et en déclin, contribue fortement au risque dépressif. Il leur est essentiel d’obtenir à leur tour du soutien et du répit.

3. Prendre soin de l’aidant

Il est naturel pour un aidant d’avoir tendance à placer la santé de la personne aidée avant la sienne. Ce dévouement sincère peut finalement s’avérer contre-productif dans la mesure où la santé détériorée d’un aidant dessert tout le monde dans le cercle familial, à commencer par celui ou celle qui est aidé(e). Parfois, même après s’être résolu à placer son parent en établissement spécialisé, l’aidant peut être rongé par un sentiment de culpabilité et d’échec au lieu de se sentir allégé d’un certain poids. 

Il convient donc de soulager toute cette charge mentale avant qu’elle ne contribue à une possible dépression. Là encore, il n’y a pas de recette parfaite ou de prescription idéale. Toutefois, un certain nombre de pistes méritent d’être explorées pour enfin prendre soin de ceux qui se dévouent ou se sont dévoués pour un autre.

a. La technologie au secours des aidants

Tout d’abord, il y a les outils et la technologie qui facilitent la vie des aidants et réduisent le niveau de stress de la famille. Nombre de tâches ou de responsabilités peuvent aujourd’hui être allégées ou accélérées grâce à des applications ou des solutions digitales. De plus en plus d’initiatives sont menées autour des objets connectés, par exemple. 

Certains permettent la surveillance de l’état de santé en permanence, améliorent le confort des seniors dépendant (prévention de la déshydratation, gestion du stress, assistance vocale, etc.), simplifient la gestion des tâches administratives.Ainsi, avec une solution comme Finense, l’aidant a une vision instantanée de l’ensemble des flux bancaires et de la situation financière de la personne aidée. Le temps gagné sur le travail administratif de gestion budgétaire sert à alléger la pression et contribue à une relation plus sereine au sein du binôme aidant-aidé et du cercle familial.

b. Trouver un équilibre au quotidien

Il est indispensable de prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin des autres, et cela peut se concrétiser sous différentes formes :

  • La santé de l’aidant a un impact sur celle de la personne aidée et un bilan de santé régulier permet de  surveiller son état général.
  • Faire de l’exercice est essentiel pour se maintenir en forme et décompresser. 
  • Ne pas s’oublier en consacrant du temps à ses loisirs et ses passions. 
  • Préserver un régime alimentaire sain pour rester heureux et en bonne santé (cuisiner à deux contribue à renforcer la relation aidant-aidé tout en s’assurant une  meilleure pratique nutritionnelle).
  • La vie sociale est un impératif pour le bien-être et la sérénité de tout un chacun. L’aidant ne doit pas hésiter à entretenir ses liens amicaux et ses activités associatives, par exemple.

En règle générale, tout ce que l’aidant familial fait pour se maintenir en forme, booste le moral et apaise la charge mentale, diminuant ainsi le risque de contracter une maladie liée à la fatigue.

c. Se faire aider par autrui

Le soutien de tiers dans l’aide à autrui, en l’occurrence l’accompagnement dans la perte d’autonomie d’un proche, est important. Prendre un temps de répit est souvent fondamental pour l’aidant, et cela passe par la prise de relais par d’autres membres de la famille, par des professionnels, voire par le placement temporaire de la personne aidée en établissement. 

Cette nouvelle soupape de décompression permettra la prise de recul nécessaire à l’aidant pour éviter les risques de dépression. Idéalement, ce répit interviendra de façon régulière.  

Il y a aussi le support, la compréhension, l’écoute et les conseils que les divers groupes et communautés d’aidants peuvent apporter. Le tissu associatif et institutionnel dans le domaine s’étoffe toujours plus en France. Il n’y a aucune honte ni échec dans le bienfait de faire appel aux autres. Finense vous liste les structures qui accompagnent les aidants :

Finense constitue également une autre façon de soulager l’aidant et de lui faire économiser un temps précieux pour s’occuper de lui.